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Prospection minière : Foraco rachète le brésilien Servitec

Image: Pour 44,4 millions de dollars, Foraco s’implante au Brésil. Le marseillais a pris 51 % de Servitec avec une option d’achat sur la totalité du capital sous trois ans. – Foraco

Le spécialiste français du forage renforce sa présence en Amérique du Sud où se concentre l’essentiel de l’investissement des compagnies minières.

Voilà plusieurs années que la société marseillaise de sondage minier Foraco attendait l’opportunité de s’implanter au Brésil, un marché protégé par les tarifs douaniers et la complexité fiscale. L’occasion s’est présentée en octobre avec la mise en vente, très confidentielle, de la société Servitec. Après quelques rapides semaines de négociation, son rachat vient d’être entériné : pour 44,4 millions de dollars (34,4 millions d’euros), moitié en cash, moitié en action, le marseillais a pris 51 % de son concurrent avec une option d’achat sur la totalité du capital sous trois ans. Créé il y a dix ans dans l’Etat de Goias, Servitec a mené son développement en échappant aux fourches Caudines de Vale, la principale société minière du pays. Cette indépendance lui a permis de croître très rapidement avec une multitude de clients étrangers. Désormais numéro deux du pays, il a réalisé l’an passé 69 millions de dollars de chiffre d’affaires avec un millier de salariés. « Le retard technique du secteur, la levée prévisible du protectionnisme avec l’élection d’une présidente qui fut ministre des Mines et l’extrême richesse du sous-sol, y compris en terres rares, laissnent présager des marges de progression à deux chiffres avec une perspective de leadership », explique le président de Foraco, Daniel Simoncini. Servitec fournira 86 nouvelles plates-formes de forage au marseillais portant son parc à 283 sondeuses. « Cette nouvelle acquisition nous ménage aussi un accès privilégié à une région où se concentre le quart des investissements mondiaux d’exploration », poursuit le président.

Croissance insolente

L’opération brésilienne suit de près celle d’Adviser, qui opère au Chili, en Argentine, au Mexique et au Pérou, où il déploie déjà des services à haute valeur ajoutée comme la géotechnique, le forage de monitoring ou le prélèvement d’échantillons, les spécialités de niche du groupe marseillais. « Cette présence renforcée en Amérique du Sud va faciliter les transferts de savoir-faire », indique le président.

Le marseillais dispose d’autres atouts : sa taille intermédiaire (le numéro un du secteur compte 1.250 machines, le numéro deux 730) qui permet une relative flexibilité et un taux d’occupation élevé de sa flotte de machines (plus de 60 %). Ensuite, une offre multiservice qui lui permet d’être présent dès l’origine des chantiers de construction de mines, notamment pour l’extraction de l’or, qui occupe 42 % de son activité. En 2011, son entreprise a réalisé 301 millions de dollars de chiffre d’affaires et dégagé un résultat net de 69,4 millions de dollars. Présent dans 23 pays, le groupe connaît une croissance insolente (+ 50 % l’an passé) depuis la décision de ses dirigeants de valoriser l’expérience acquise dans le forage et le captage d’eau dans le secteur minier, « plus important, plus international et plus rémunérateur », selon Daniel Simoncini, qui appuie sa croissance organique à l’aide d’acquisitions ciblées. Son carnet de commandes lui donne raison : il est passé en un an de 289 à 418 millions de dollars.

Par Paul Molga, Correspondant à Marseille. LesEchos.fr

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