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Technicolor mise sur un investisseur, les syndicats en appellent au gouvernement

 Le groupe français Technicolor, à la peine pour mettre en place un modèle économique pérenne, espère pouvoir donner un signal positif aux marchés avec l’arrivée à son capital d’un investisseur institutionnel, alors que les syndicats redoutent de nouveaux licenciements.

Signe de l’imminence d’une décision importante pour son avenir, la cotation du titre Technicolor a été suspendue mercredi à la Bourse de Paris.

Technicolor a expliqué qu’il lui fallait étudier “la proposition” d’une “institution internationale” en vue d’une prise de “participation minoritaire”, selon un communiqué publié mercredi par l’entreprise.

Contacté par l’AFP, le groupe a précisé qu’il “ne fera aucun commentaire avant la fin du Conseil d’administration qui doit se tenir dans l’après-midi, et peut-être jusque tard dans la soirée”, pour examiner cette offre.

Dans le même temps, les syndicats qui dénoncent depuis des semaines “l’absence totale de vision stratégique” du groupe et s’inquiètent de la menace de nouvelles charrettes, devaient être reçus mercredi par le ministre de l’Industrie Eric Besson. Son cabinet a précisé à l’AFP que la rencontre aurait lieu “à 16H00 au ministère”, et “à huis clos”.

Technicolor a lancé fin 2011 un plan de réduction de ses effectifs en Europe avec 600 suppressions de postes dont 125 en France (44 à Rennes, le reste à Issy-les-Moulineaux, siège du groupe).

Il souhaite également se séparer de son dernier site de production français, à Angers, qui fabrique des décodeurs et emploie 330 salariés.

L’arrêt de cette activité d’ici à juillet fait suite à la décision de Technicolor de se concentrer exclusivement sur l’usine de Manaus au Brésil, où le marché est “en plein développement et la protection douanière importante”, selon Michel Vaquin, responsable de Technicolor France.

A l’approche du second tour de l’élection présidentielle, quelque 400 salariés ont appelé les deux candidats François Hollande et Nicolas Sarkozy à se positionner et ont demandé à l’Etat d’intervenir sur le dossier financier.

Quelques jours avant M. Besson, Alain Rousset, chargé des questions industrielles dans l’équipe de campagne de François Hollande, a rencontré l’intersyndicale et souhaité discuter avec Denis Ranque, président du conseil d’administration de Technicolor, de la stratégie du groupe en France.

L’entreprise, née de la scission des activités grand public de l’ancien groupe public Thomson, a été le champion français du téléviseur dans les années 1990, avant de se réorienter vers les technologies pour les médias et les services créateurs de contenu pour le cinéma et la télévision.

La société compte 17.000 salariés dans le monde, dont environ 1.900 en France où elle disposait encore d’une dizaine de sites industriels au début des années 2000.

Elle s’est lourdement enfoncée dans le rouge l’an dernier avec une perte nette de plus de 300 millions d’euros. Ce qui a conduit son directeur général Frédéric Rose a fixer une feuille de route financière précise à l’horizon 2015: “un excédent brut d’exploitation (Ebitda) supérieur à 600 millions d’euros par an, un flux de trésorerie disponible supérieur à 400 millions, et une réduction de plus de moitié de la dette”. [Plus de info sur France 24]

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