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Poussée de fièvre sur le soja et le colza

Image: Imaflora

« J’ai acheté des tourteaux de soja à 280 €/tonne en début d’année sur le marché à terme pour couvrir les besoins d’alimentation de mes porcs pour six mois. J‘ai bien fait car les tourteaux ont grimpé à 380 €/tonne en avril », explique un éleveur de porcs finistérien. Les productions animales subissent la forte hausse du prix des protéines.

« Il atteint les plus hauts niveaux depuis ces deux dernières années, note Gauthier Le Molgat, analyste à l’agence Agritel. Le marché du soja est extrêmement tendu. Les Chinois reviennent aux achats et aspirent la production du sud des États-Unis. Les stocks américains sont relativement faibles. Les opérateurs attendaient une bouffée d’oxygène avec les récoltes du Brésil et d’Argentine mais les rendements ont été inférieurs à ce qu’ils espéraient. »

L’ogre chinois engloutit 60 % des exportations de graines de soja dans le monde soit 55 millions de tonnes. L’Europe importe 12 millions de tonnes sur une production mondiale estimée entre 240 millions et 250 millions de tonnes. « Les stocks mondiaux ont baissé de 20 % en un an, indique l’analyste d’Agritel. Ils sont passés de 70 millions de tonnes à 55 millions de tonnes. Le phénomène de rareté pousse immanquablement les cours à la hausse. »

Le pétrole cher n’arrange rien

Lorsque le soja est cher, la parade consiste à utiliser d’avantage de colza dans les rations. Mauvaise pioche. Les prix de cette protéine s’envolent à leur tour. « Beaucoup de surfaces ont été détruites par le gel en Europe et en Ukraine, observe Gauthier Le Molgat. Le marché est déjà très tendu et les opérateurs anticipent une récolte moins abondante en 2012. » La tonne de tourteau de colza rendue à Montoir coûtait 232 € fin mars et 249 € le 11 avril.

Pas de répit non plus du côté des céréales. Le blé campe au-dessus des 200 €/tonne sous l’effet d’une bonne activité exportatrice de la France, en particulier vers le Maghreb et le Moyen Orient. « Nous avons beaucoup d’incertitudes sur les prochaines récoltes, remarque Gauthier Le Molgat. Beaucoup de terres dans le nord-est de la France ont été touchées par le gel. Elles ont été retournées pour implanter de l’orge. »

Du coup, 2012 devrait être marquée par une tendance à la hausse du prix des aliments. Ils pèsent déjà 60 à 70 % du coût de revient des élevages de porcs et volailles. « Nous ne pourrons pas absorber toutes les hausses, prévient Valérie Bris, directrice de la branche nutrition animale de Coop de France. Nous serons obligés de les répercuter jusqu’à nos clients finaux. »

La hausse du prix du pétrole augmente aussi les coûts de collecte des matières premières agricoles et la distribution des aliments dans les exploitations. Encore un facteur qui poussera les prix des aliments à la hausse. [Plus de info sur Ouest France]

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