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Le Brésil, c’est l’Amérique !

Photo: São Paulo Skyline par Thomas Locke Hobbs sur Flickr

 

Mardi dernier, notre partenaire Objectif Cash organisait un séminaire réservé aux Directeurs Financiers et dédié aux bonnes pratiques pour réussir au Brésil. Conférencier invité : Charles-Henry Chenut, associé du cabinet Chenut Oliveira Santiago, premier et unique cabinet d’avocats franco-brésilien.

Dans son introduction Charles-Henry Chenut met tout de suite les points sur les « i » : le facteur humain est très important au Brésil, et il y a nécessité absolue d’une interpénétration culturelle. L’accueil y est d’ailleurs excellent, les interlocuteurs professionnels et qualifiés. Il ne faudrait pas croire à un pays de cocagne où l’on réussit sans effort : la vie y est chère, les salaires des cadres sont alignés sur les Etats-Unis, les Brésiliens sont nationalistes et protectionnistes, et bien plus durs en affaires qu’on ne le croit… Pour autant, le pays est « gratifiant et méritoire », comme aurait dit Bernanos.

Les forces du nouveau Brésil

M. Chenut passe ensuite en revue les forces actuelles du nouveau Brésil. Tellement nouveau, insiste t-il, qu’il ne faut pas se fier au passé. L’avenir au Brésil, c’est maintenant, c’est tout de suite… et les entreprises françaises auraient intérêt à se dépêcher de monter dans le train. 110 millions de consommateurs « classe C », 191 millions d’habitants, désormais 6ème économie mondiale, le Brésil est un pays stable, sans risque politique ni religieux. La croissance – 3,8% en 2011 – est soutenue sans être délirante. La proximité culturelle est grande avec la France. Quel autre BRIC pourrait en dire autant ?

Les principales difficultés

Au chapitre des limites et des défis, figure d’abord la taille du territoire. On ne conquiert pas un pays grand comme 16 fois la France d’un seul coup ni avec un seul partenaire ! Ensuite : le coût du crédit, très élevé – il faut y investir de l’argent français. Les infrastructures encore saturées, les régulations sectorielles encore floues, le système fiscal, à trois niveaux, particulièrement complexe. Une imposition comparable à la française. Et il faut y composer avec une administration plutôt lourde.

La France en retard

Le gouvernement brésilien, dont les ministres sont de jeunes quadragénaires, a choisi 5 pays prioritaires dans son développement commercial bilatéral, et la France a la chance d’y figurer. Aujourd’hui, si 37 des 40 entreprises du CAC s’y sont installées, on ne compte encore que 520 filiales de PME françaises. Du coup, le Brésil n’est que le 19ème client de la France et son 25ème fournisseur. L’Allemagne est déjà loin, alors que ses liens avec le pays sont bien ténus comparativement aux nôtres. On mesure le chemin qui reste à faire.

Les PME françaises doivent se dépêcher d’ouvrir au Brésil. Car la nature du marché et la hauteur des barrières douanières font de l’installation d’une filiale sur place l’unique moyen d’y réussir, d’après l’expert. Cette installation, il faut la budgéter sur la base d’un planning réaliste, pour se donner les moyens d’une réussite qui en vaut la peine. Car, décidément, le Brésil c’est l’Amérique !

Par: CFO

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