logo


Interview de Régis de Sa Moreira : “J’essaie d’écrire des livres, pas de les analyser. Je ne peux quand même pas faire le boulot des journalistes !”

Image: Le livre messager
Régis de Sa Moreira, un jeune auteur âgé de 35 ans, qui trace son sillon discrètement mais sûrement au sein de la littérature nouvelle génération, a fait ses débuts au Diable Vauvert, en même temps que son confrère Nicolas Rey avec un premier opus intitulé “‘Pas de temps à perdre” en 2000. Toujours fidèle à la maison fondée par Marion Mazauric, il publie en cette rentrée littéraire un nouveau roman, “Mari et femme” (voir chronique), qui faisait partie de la première sélection du prix de Flore 2008. A l’instar d’un David Foenkinos, il y explore le thème du couple et de l’usure du désir, à travers un roman flirtant avec le fantastique. Désormais expatrié à New-York, il a accepté de répondre à quelques questions tant sur son dernier roman que sur son parcours ou encore la dernière rentrée littéraire 2008…
Ce qui m’a séduit dans votre récit, c’est cet échange de corps qui survient au « mauvais moment », alors que le couple ne se « marie » plus très bien… Cependant, avec cet événement dérangeant et merveilleux, qu’avez-vous cherché à explorer, à proposer aux lecteurs ?
Eh bien, mais ce livre !
C’est à dire ?
C’est un livre sur l’aventure du couple, sur à la fois la difficulté et la possibilité de vivre à deux. “Le mariage est et restera le voyage de découverte le plus important que l’homme puisse entreprendre” écrit un époux dans Propos sur le mariage (in Etapes sur le chemin de la vie de Kierkegaard), c’est un livre qui pourrait partir de ça. Ou simplement de son titre Mari et femme… Comment c’est possible d’être à la fois mari et femme?Autant j’ai apprécié votre écriture lapidaire et rythmée, autant j’ai été gêné par l’opposition, quasi caricaturale, des deux personnages du couple. Quelle était votre intention lors de la construction de ces personnages ?
Je ne trouve pas leur opposition caricaturale. Ceci dit, ce sont des personnages qui font souvent appel à la part de créateur du lecteur lui-même.
Que voulez-vous dire plus précisément ?
C’est assez précis il me semble.Quelle est la place de votre roman « Mari et femme » dans votre parcours littéraire ?
Il s’agit de mon quatrième roman après Pas de temps à perdre (2000), Zéro Tués (2002) et Le libraire (2004).
Au-delà du rappel chronologique de vos publications, pourriez-vous svp plutôt nous expliquer votre évolution littéraire, ce que vous avez cherché à explorer de livre en livre, le tournant éventuel pris avec l’un ou l’autre, etc. ?
Il me semble que voilà là un travail de journaliste. J’essaie d’écrire des livres, pas de les analyser. Je ne peux quand même pas faire tout le boulot!Quel regard portez-vous sur la rentrée littéraire 2008 et quels livres avez-vous pu éventuellement lire ?
Un regard assez lointain… En ce moment, je lis Les fleurs bleues (de Raymond Queneau), que je n’avais jamais lu et que je trouve formidable. Je me marre presque à chaque page !
Avez-vous tout de même lu ou prévu de lire un roman de cette rentrée littéraire et si oui lequel ? Sinon quel est votre dernier roman de littérature contemporaine lu ?
J’ai lu Hier dernier de Patrick Goujon qui est un ami. Nous écrivons très différemment et je suis son chemin avec admiration. Et je vais lire Courir de Jean Echenoz.Quel regard portez-vous sur la littérature contemporaine française qu’on accuse souvent de nombrilisme (versus « la littérature-monde ») ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Avez-vous l’impression d’appartenir à une génération d’auteurs en particulier, à une famille littéraire ?
A une génération littéraire, non, (même si de fait oui, évidemment.) A une famille peut-être, mais je la découvre petit à petit, à travers les siècles et les pays. Un auteur par-ci, un auteur par-là. Un livre par-ci par-là.
Pourriez-vous préciser en donnant des noms d’auteurs et en définissant cette famille svp ?
John Steinbeck, Richard Brautigan, Jorge Luis Borges, Maupassant, Le Maître et Marguerite de Boulgakov, Jacques le Fataliste et son maître de Diderot, Don Quichotte de Cervantes, Jerome David Salinger, Lumière d’août de William Faulkner, Paco Ignacio Taibo II, L’Idiot de Dostoievski, Le coeur est un chasseur solitaire de Carson Mc Cullers, Anna Karenine de Tolstoï, La Planète des singes de Pierre Boulle, René de Chateaubriand, Les béatitudes bestiales de Balthazar B. de John Patrick Donleavy, Harold Pinter, Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino, John Fante, Jorn Riel, Sur la route de Jack Kerouac, d’autres encore mais voilà pour aujourd’hui! Et pour la définition, je vous laisse faire…

Vous vivez désormais à New-York, pourquoi ce choix ? Avez-vous pu entrer en relation avec le milieu littéraire new-yorkais et si oui, quelle différence avec ce qui se passe à Paris ?
Je suis parti à New York pour vivre avec ma femme qui est américaine.

Pour finir, avez-vous, déjà, des projets d’écriture ?
C’est top secret ! (et ça évite de dire non…) [Propos recueillis par Gwenaël Jeannin]

Plus de info sur Buzz Litteraire

Ainda não foram encontrados posts relacionados.