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Doux prêt à céder ses activités au Brésil


Doux, premier volailler européen, s’apprête à quitter le Brésil, où il réalise la moitié de son activité.

Piteux re­­tour au poulailler en perspective pour Père Dodu. Doux, premier volailler européen, s’apprête en effet à quitter le Brésil, où il réalise la moitié de son activité, selon la presse locale. Le groupe breton serait en passe de céder sa filiale brésilienne, Frangosul, au géant local JBS, leader mondial de la viande. Cette filiale, où se concentrent les difficultés financières de Doux, représente un peu moins de la moitié de son chiffre d’affaires (1,4 milliard d’euros en 2010). Sa vente modifierait donc en profondeur le périmètre du groupe.

Troisième exportateur mondial avec 400.000 tonnes de poulets entiers exportés par an, Doux avait fait du Brésil sa base avancée. Il emploie là-bas 6400 personnes et produit 670.000 tonnes par an à partir de ses sept sites, en partenariat avec 3270 éleveurs. Après le Moyen-Orient et la Russie dans les années 1970, Doux est parti à la conquête du Brésil en 1998 en s’offrant Frangosul, l’un des principaux acteurs de la filière avicole. Dans un marché marqué par une croissance continue du pouvoir d’achat et une mutation des habitudes de consommation, il avait fait le pari ces dernières années, avec ses marques Lebon et Frangosul, de se concentrer sur les produits élaborés à plus forte valeur ajoutée (snacks, pizzas…). Il avait récemment poursuivi son expansion commerciale, du sud du pays, vers les États fortement peuplés du Nord et du Nord-Est.

Il était même parvenu à internationaliser ces marques en les exportant jusqu’en Chine et en Russie. Seul problème, mais de taille, ce développement à marche forcée s’est accompagné d’une augmentation de son endettement, proche de 400 millions d’euros pour un excédent brut d’exploitation de 137 millions d’euros. Ses difficultés financières auraient compliqué ses relations sur place, à la fois avec ses fournisseurs, une partie des éleveurs et ses banquiers.

Assainir le profil financier

Cela fait près de deux ans que le groupe breton cherche un moyen d’assainir son profil financier. Fin 2010, il a échoué à lever 400 millions d’euros sur les marchés financiers. En début d’année, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) a envisagé une entrée au capital du volailler, contrôlé à 80% par la famille Doux, comme l’a révélé Le Figaro. Le FSI a jeté l’éponge, comme l’a annoncé Les Échos. Il n’a pas apprécié d’apprendre par la presse les négociations menées par Doux au Brésil. Mardi, le volailler se contentait d’indiquer «être en relation avec un ensemble d’investisseurs potentiels pour renforcer ses fonds propres».

Par:  Keren Lentschner et Anne de Guigné sur Le Figaro

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