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Pas de temps à perdre, Régis de Sá Moreira

La petite ville dans laquelle habitaient Ben et Fontaine n’avait ni début ni fin et l’on pouvait s’y promener toute la journée sans en quitter le milieu.
Ce qui expliquait que Ben et Fontaine en avaient fait, chacun de leur côté, leur principale activité, mais aussi qu’ils n’avaient pu ne jamais se rencontrer avant ce beau jour d’été, où un clochard non-fumeur et un épicier pas content s’étaient sans le savoir associés pour les faire se rentrer dedans.
Selon une loi que personne n’était parvenu à établir pour la bonne raison qu’elle n’existait pas, la ville bougeait sans cesse. Les rues et les places, les parcs et les maisons se déplaçaient sans qu’on pût aucunement le prévoir. La seule chose dont on était sûr, c’était que cela se passait plutôt la nuit. Mais le jour aussi.

Une histoire d’amour ? Non, une fable qui rend heureux.

Par: Au Diable Vauvert